En trois phrases
Le café serait originaire des hauts plateaux d'Afrique de l'Est, selon une légende souvent racontée (celle d'un berger qui aurait remarqué l'effet des baies sur son troupeau), avant de devenir une boisson attestée au XVe siècle au Yémen, puis de se répandre dans les grandes villes du Moyen-Orient aux XVIe et XVIIe siècles. L'Arabica a longtemps dominé cette histoire, avant que le Robusta ne soit décrit en Afrique centrale à la fin du XIXe siècle, deux variétés que l'on retrouve aujourd'hui dans les sachets de café moulu ou en grains vendus par MAKENVA à Dakar. Ce grand récit mondial ne dit rien de l'origine précise des grains vendus aujourd'hui en Robusta ou en Arabica : pour la tradition locale du café Touba, mieux vaut se tourner vers l'histoire du café en Afrique de l'Ouest.
Des hauts plateaux d'Afrique de l'Est aux ports du Yémen
Selon une légende largement racontée mais jamais vérifiée, un berger aurait remarqué que son troupeau devenait particulièrement vif après avoir mangé les baies d'un arbuste poussant sur les hauts plateaux d'Afrique de l'Est. Qu'elle soit exacte ou non, cette histoire accompagne depuis longtemps les récits sur l'origine du caféier Arabica, une plante qui pousse naturellement dans cette région du continent. Ce qui est attesté avec plus de certitude, c'est que la boisson préparée à partir des grains torréfiés devient une pratique documentée au Yémen au XVe siècle, dans des cercles religieux soufis qui l'utilisaient pour rester éveillés pendant leurs veillées. Le port de Moka, sur la côte yéménite, donne alors son nom au café qui en partait, un nom encore employé aujourd'hui.
Du Yémen, la consommation du café gagne rapidement les grandes villes du monde musulman : des maisons de café ouvrent à La Mecque, au Caire et à Istanbul dès le XVIe siècle, devenant des lieux de rencontre, de discussion et parfois de débat, au point d'être occasionnellement interdites puis réautorisées par les autorités locales. Cette circulation entre ports, caravanes et villes explique comment une boisson née sur des hauts plateaux d'Afrique de l'Est a fini par structurer toute une culture urbaine, des siècles avant d'arriver en Europe.
| Siècle | Étape majeure | Région concernée |
|---|---|---|
| Date inconnue (légende) | Découverte supposée des baies de caféier | Hauts plateaux d'Afrique de l'Est |
| XVe siècle | Boisson attestée dans des cercles soufis | Yémen, port de Moka |
| XVIe siècle | Maisons de café dans les grandes villes | La Mecque, Le Caire, Istanbul |
| XVIIe siècle | Arrivée et diffusion du café | Europe |
| XIXe siècle (fin) | Description du Robusta | Afrique centrale |
Arabica et Robusta, deux variétés dans la grande histoire du café
L'Arabica reste la variété la plus ancienne dans ce récit mondial, cultivée d'abord sur les hauts plateaux d'Afrique de l'Est puis diffusée par les échanges commerciaux et, plus tard, par les plantations coloniales installées dans plusieurs régions du monde à partir de la fin du XVIIe siècle. Le Robusta, lui, est décrit scientifiquement en Afrique centrale à la fin du XIXe siècle : plus résistant aux maladies et aux conditions climatiques difficiles, il complète progressivement l'offre mondiale de café, avec un goût plus corsé et une teneur en caféine plus élevée que l'Arabica.
| Variété | Repère historique | Caractéristique connue |
|---|---|---|
| Arabica | Présent dès les débuts du récit, hauts plateaux d'Afrique de l'Est | Caféine autour de 1,3 %, goût plus doux |
| Robusta | Décrit en Afrique centrale, fin du XIXe siècle | Caféine autour de 2,2 %, goût plus corsé |
Aujourd'hui, ces deux variétés se retrouvent dans la gamme MAKENVA : le café moulu nature et le café en grains se commandent au choix en Robusta ou en Arabica, tandis que le moulu aromatisé aux épices mélange les deux. Pour la partie de cette histoire qui concerne directement le Sénégal et la naissance du café Touba, notre article sur l'histoire du café en Afrique de l'Ouest prend le relais là où ce panorama mondial s'arrête, et l'histoire, l'origine et la tradition du café Touba raconte comment la boisson s'est enracinée localement.
MAKENVA ne communique aucune origine précise pour ses propres grains : la maison met en avant son savoir-faire artisanal, le nettoyage et le séchage au soleil, ainsi qu'une torréfaction en petites quantités, sans revendiquer de provenance particulière parmi les régions historiques du café. Pour choisir entre les deux variétés aujourd'hui, le café moulu nature en 1 kg se commande en Robusta ou en Arabica, comme le reste du nature sur la boutique en ligne ; il suffit de préciser la variété à la commande.
Mini cas pratique
Ousmane, professeur d'histoire dans un lycée de Dakar, prépare une petite présentation sur l'histoire du café pour ses élèves. Il choisit de raconter la légende du berger comme une légende, sans affirmer qu'elle est vraie, puis d'enchaîner sur le Yémen du XVe siècle et les maisons de café du XVIe siècle avant d'arriver au café Touba. Pour illustrer son propos avec une dégustation, il achète un sachet de café en grains de 1 kg à 3 500 FCFA, qu'il fait moudre au moulin du quartier : une vingtaine de tasses suffisent pour la dégustation avec ses collègues, et le kilo en donne 100 à 140, soit 25 à 35 FCFA la tasse (3 500 ÷ 140 et 3 500 ÷ 100).

